Un Henslowe pour châle de mariée

La semaine dernière, j’ai enfin bloqué mon châle de mariée…. 8 mois après le jour J. Mais revenons un peu sur l’histoire de la bête.

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Il n’est pas évident de se décider sur un modèle de châle quand on le destine pour son grand jour. Vous me direz qu’il n’est pas évident de se décider tout court et sur tous les sujets quand on est sur le point de se marier… Mais là, c’est encore différent, ça touche à la tenue, c’est un accessoire qui peut faire toute la différence, qui est complémentaire à la robe et donc hautement indispensable (c’est du moins ce qu’on se met en tête, c’est dire à quel point les futures mariées amplifient tout).

J’avais une robe de mariée toute simple, en cergine. Bustier drapé sur la poitrine, coupe sirène, longue traîne avec de petits boutons dans tout le dos. En bijoux : des perles et des Swarovski. Les cheveux relevés, quelques fleurs fraiches dans mon chignon. Je voulais donc un châle épuré, mais avec une dentelle fine et travaillée. Il fallait également qu’il soit assez large pour bien me couvrir le dos et les épaules, dans une laine douce, soyeuse et chaude (c’est que j’ai choisi le mois de novembre, moi, m’dame !). Après de multiples tergiversations, mon choix c’est arrêté sur le Henslowe shawl, un châle tout en délicatesse.

Grâce à lui, j’ai bien progressé : c’était mon premier châle, ma première dentelle, et plus tard mon premier blocage, mais également mes premières explications en anglais, et surtout la première fois que je relevais des mailles sur le côté pour faire une bordure.

J’ai néanmoins commis une erreur, en resserrant systématiquement la première maille de la bordure, celle qui permet de souder le corps du châle à la dentelle. Sur le coup, je ne me suis pas rendue compte de ma bêtise, je ne me suis même pas posé la question : pour que deux parties s’assemblent, il fallait que je les serre bien comme il faut ! Sauf que je me suis retrouvée avec une ligne très tendue en plein milieu, qui empêchait le châle de s’épanouir comme il l’aurait pu. Au blocage, le tout s’est bien détendu heureusement, mais je pense qu’il aurait pu prendre encore quelques centimètres.

Bon, et alors que s’est-il passé finalement? Et bien, le châle était terminé depuis le mois d’août, mais je redoutais tellement l’étape du blocage que j’ai reculé, reculé, reculé… Puis les galères de dernière minute se sont accumulées à 15 jours du jour J (le prêtre qui ne voulait plus nous marier, le cambriolage de notre garage…) et m’ont pris le temps que j’avais prévu pour ça. La veille, j’ai tenté dans un dernier espoir de le bloquer en 5 minutes sur le dos de mon canapé, en fixant la laine trempée avec 4 pauvres petites épingles (nous étions également en plein déménagement, je n’avais donc plus toutes mes affaires sous la main). Bref, ça n’a pas fonctionné. Une amie fraîchement mariée m’a très gentiment prêté une petite fourrure, et tout s’est bien passé.

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La semaine dernière, forte des conseils de Mélanie, une amie ultra-calée sur les questions de fil, j’ai repris cette dernière étape, en prenant le temps de bien piquer toute la dentelle à sec, et en recouvrant le tout d’une serviette légèrement humide. Après 24h, le châle est parfait. Il était temps ! Mais je suis fière du résultat.

Modèle : Henslowe shawl, Beth Kling

Laine : Baby Alpaca Silk, coloris n°0100 Naturel, Drops Design.

 

Un petit pull en coton pour les beaux jours

Aujourd’hui, je vous présente un projet qui m’a pris sacrément de temps et d’énergie !

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Je suis tombée immédiatement sous le charme de ce modèle, que l’on retrouve dans la rubrique « patrons gratuits » du site (ce qui ne gâche rien !). En plus, la forme est assez rigolote, puisque les manches sont incluses dans le corps ! En clair, on tricote deux T.

Comme vous l’avez compris, j’adore tricoter des effets de matière, tester des points en relief. Avec ce projet, j’ai été servie !! Au total, trois points différents : du godron, de l’astrakan et ce que j’appellerais du « jersey moucheté ». A vrai dire, ce dernier est un point fantaisie Phildar dont j’ai volontairement inversé l’endroit et l’envers (je trouvais que ce qui était proposé ressemblait trop à l’astrakan, or j’avais envie de trancher). Il m’a donc suffit de tricoter un rang de jersey en plus à la suite du godron pour arriver à intervertir les deux faces.

Autres modifications à signaler : je n’ai pas respecté les indications pour les emmanchures et l’encolure. Il aurait fallu que je fasse trois bandes séparément et que je les couse en point arrière, mais j’ai préféré relever directement mes mailles sur le corps du tricot. J’avais donc beaucoup plus de mailles sur mes aiguilles, résultat : les manches sont comme légèrement évasées, je trouve cela plus joli. Concernant l’encolure, plutôt que de repartir sur plusieurs rangs de godron, j’ai préféré alléger la donne : une barre de godron, et un petit revers en aiguilles n°2.

Ce projet m’a bien « meublé » l’esprit pendant ma chasse à l’ornithorynque, entre Lyon et Saint-Etienne. Malheureusement dans le TER, les couloirs blancs aseptisés et les salles d’attente, la concentration n’y était pas toujours, et j’ai du défaire et reprendre mon tricot un certain nombre de fois pour effacer des erreurs. Aussi, je me suis rendue compte au moment des finitions que l’astrakan du dos était plus lâche que celui du devant… Je suis pourtant assez régulière, mais j’imagine que la tension du fil a varié inconsciemment en fonction de mon humeur. Cette différence a disparu au moment de l’assemblage : cousues au point invisible, les deux parties se sont adaptées l’une à l’autre et le devant, plus serré, donne heureusement de la tenue à l’arrière. La différence ne se voit pas donc pas : OUF !

Concernant le fil, je suis partie sur un coton assez raide. Mais, parenthèse-grognongon moruesque du jour : j’ai l’impression que Drops a vraiment un problème avec l’enroulage de ses pelotes… Tous mes fils étaient tordus et noués, c’est extrêmement désagréable parce que j’ai perdu du temps (et de la patience…) à le retendre correctement. Sinon, j’apprécie sa régularité, et surtout l’éclat de sa couleur. L’idée était que le petit pull soit léger pour cet été, mais très franchement il est trop épais pour être porté pendant les grosses chaleurs… ! On verra plutôt à la rentrée.

Modèle : Pull d’été 21783, n°50-T10-565, Phildar

Fil : Muskat n°12 rouge, Drops Design